Environnement
La question du nucléaire: tabou?

La sortie de l?énergie nucléaire reste l?objectif fixé par le Gouvernement fédéral actuel pour 2025. Toutefois, ce Gouvernement a été totalement incapable de mettre en place un plan d?approvisionnement crédible pour accompagner cette sortie.

Le développement des énergies renouvelables se poursuit, mais beaucoup trop lentement. Par ailleurs, le renouvelable n?est pas de nature à remplacer totalement l?énergie nucléaire, ni à court, ni à moyen terme.

Aujourd?hui, notre consommation électrique est couverte à 50% par nos centrales nucléaires, et dans notre consommation totale d?énergie, seule  5% est issue du renouvelable. Nous ne sommes donc pas du tout prêts à abandonner complètement le nucléaire d?ici 5 ans.

Des projets de déploiement de nouvelles centrales au gaz sur le territoire belge sont envisagés par beaucoup, ainsi que l?achat d?électricité à l?étranger (ce qui n?est pas de nature à promouvoir l?emploi en Belgique), produite par des énergies fossiles, ceci pour compenser l?abandon du nucléaire, les pics de consommation ou encore les creux de production renouvelable.

A l?heure où nous savons que nous devons drastiquement diminuer nos émissions de gaz à effet de serre d?ici 2050 (entre 80 et 90% d?après le GIEC) pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 C°, choisir d?augmenter notre consommation d?énergie fossile est insensé. D?autant plus qu?avec les projets d?électrification du parc automobile et cyclable, ainsi qu?avec la digitalisation de notre quotidien, nous augmentons sensiblement nos besoins en électricité. 

Selon Monsieur Benoît De Boeck, Directeur général de 2008 à 2018 de Bel V, filiale de l?Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire, il est  tout à fait envisageable  de prolonger la vie d?au moins deux de nos centrales nucléaires sur au moins 20 ans, et de manière sûre : Doel 4 et Tihange 3. Selon lui,  il  faut également ne pas perdre de vue que les centrales nucléaires créent beaucoup plus d?emplois que les éoliennes ou les capteurs solaires.

Enfin, parallèlement à son engagement dans la sortie du nucléaire, le gouvernement-peu de gens le savent!- investit depuis des années dans le nucléaire au travers du projet MYRRHA, qui développe un nouveau prototype de réacteur nucléaire capable de diminuer la durée de vie des déchets nucléaires.

Il y a donc là une fâcheuse contradiction, qui démontre que le nucléaire peut ne pas avoir dit son dernier mot, et qu?on doit le considérer comme une solution au moins temporaire mais encore valable de notre approvisionnement en électricité, tant que nous n?assurerons pas quasi totalement notre production d?électricité en mode renouvelable. Sujet tabou ?